The Bold Type est une série américaine diffusée sur la chaîne Freeform. Elle a pour le moment une saison de dix épisodes. Décrite par les critiques comme la petite soeur de Sex and the City, The Bold Type nous présente trois jeunes femmes d’environ 25 ans, travaillant pour le magazine féminin Scarlet. Jane (Katie Stevens, American Idol, Faking It), Sutton (Meghann Fahy) et Kat (Aisha Dee, Sweet/Vicious, Chasing Life) forment un trio inséparable qui affrontent ensemble les épreuves que la vie leur réserve. Travaillant sous la direction de la patronne Jacqueline (Melora Hardin, The Office, Transparent), Jane, Sutton et Kat apprennent à défendre leurs convictions et à se faire une place dans un monde du travail sans pitié.

Vous pouvez trouver la bande annonce en VO sur Youtube, mais je la déconseille car elle est trompeuse. J’ai commencé la série avant de regarder la BA et j’ai bien fait car je l’ai trouvée franchement moyenne et ne reflétant pas la qualité de la série.

♠ Pourquoi je regarde The Bold Type

Le féminisme. C’est peut-être évident rien qu’en lisant la courte description de la série faite plus haut. Les personnages principaux sont de jeunes adultes modernes qui travaillent pour un catalogue destiné à un public féminin qui prône l’émancipation sociale, professionnelle et sexuelle des femmes. En tant que femme, je suis avant tout intéressée par des histoires dans lesquelles je peux me retrouver un peu, et même si cela est possible avec des personnages masculins, c’est bien plus facile et pertinent avec des personnages féminins. The Bold Type ne cherche pas à cacher ses messages féministes. Au contraire, c’est un des points de vente de la série. Et bien qu’évident dans plus ou moins tous les épisodes, le côté féministe n’étouffe pas les téléspectat·eurs·rices avec des leçons en la matière.

La sensation « feel-good ».  Une série (ou livre, ou film, etc) « feel-good » présente un vision de la vie positive et optimiste. On s’éloigne donc pas mal du réalisme. Dans TBT, on retrouve cela à travers les relations entre les personnages mais aussi avec l’ambiance générale de la série. Je m’explique. Il est insinué à plusieurs reprises que les parents de Kat sont plutôt riches, donc si elle a un super appartement à New-York, pourquoi pas. Le manque de plausibilité concernant les conditions de vie de Sutton (secrétaire à Scarlet) et Jane (écrivaine en herbe) est cependant flagrant. En réalité, personne avec un salaire aussi bas ne pourrait se permettre d’habiter un appartement spacieux dans un bon quartier à NYC. Mais le « feel-good », c’est ça. Nous ne sommes pas là pour regarder des jeunes femmes galérer, mais pour les voir réussir leur carrière et affronter les obstacles de la vie ensemble.

Autre élément feel-good important : TBT n’a pas de « méchant·e ». Il serait pourtant facile d’en créer dans ce type de série (une patronne peau-de-vache, un ami qui vous poignarde dans le dos, etc). TBT choisit de s’éloigner de ces clichés et de miser sur le positif, et ça fonctionne.

Attention, cela ne veut pas dire que la série ne traite pas de sujets importants. Accepter ou refuser un emploi dont on a bien besoin mais qui nous éloigne de notre rêve, dépistage du cancer du sein, entretiens avec des survivant·e·s d’agressions sexuelles sont au programme.

Le refus du cliché. Ce qui contribue beaucoup à la sensation feel-good, c’est que TBT offre des personnages aux nombreuses qualités qui ne se conforment pas aux stéréotypes que certaines séries utilisent encore.

Richard (Sam Page, Mad Men, Switched At Birth) est un homme blanc d’une trentaine d’années. Petit-ami de Sutton, il la soutient dans son désir de travailler dans la mode, se révèle être autant attristé que Sutton lorsqu’ils se séparent et ne lui reproche pas d’avancer sans lui. Il aurait été facile de le montrer jaloux, manipulateur ou douteux, mais la série place Richard fermement dans la colonne des mecs bien.

Jacqueline est la patronne de Scarlet, et est au tout début présentée comme intimidante et exigeante. Exigeante, elle l’est, mais la première impression donnée à travers le prisme du regard de Jane (qui débute en tant qu’écrivaine pour le magazine) se révèle vite erronée. Jacqueline est la patronne dont tout le monde rêve : compréhensive, attentive, professionnelle et très bonne mentor pour Jane, Kat et dans une moindre mesure, Sutton.

L’intersectionnalité. Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, cela fait référence aux personnes faisant partie de plusieurs minorités à la fois. Dans TBT, nous rencontrons rapidement Adena (Nikohl Boosheri) qui est une artiste venue du Moyen-Orient. Elle est musulmane et homosexuelle. La série conjugue les deux plutôt bien, faisant de nombreuses références aux difficultés rencontrées aux Etats-Unis par des gens dont la langue natale n’est pas l’anglais et dont la couleur de peau n’est pas blanche. Kat, métisse, se découvre bisexuelle après avoir rencontré Adena. L’un des principaux arcs de la première saison tourne autour de cette nouvelle réalité pour Kat.

Le hic : The Bold Type est une série très catégorisée (féministe, destinée à un public féminin, de type feel-good) et l’audimat en est directement impacté ce qui complique les chances de la série d’être renouvelée pour de nouvelles saisons.

Edit : La série a été renouvelée pour 2 saisons deux jours après que j’ai posté cet article. Bonne nouvelle, donc, mais la créatrice de la série cède sa place à une autre… Affaire à suivre.

L’article pourra être mis à jour si d’autres pensées me viennent.

Note de recommandation : 8,5/10

 

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