The 100 est une série américaine de science-fiction post-apocalyptique qui se déroule dans le futur aux alentours de 2100. Elle est basée sur des livres. La Terre est devenue inhabitable suite à des guerres nucléaires et les rares survivant·e·s de la race humaine vivent dans un vaisseau spatial en orbite. Seulement voilà : après de nombreuses décennies, les ressources se font rares à bord du vaisseau. Le Conseil se décide donc à larguer une navette remplie de jeunes « délinquant·e·s » et à les envoyer sur Terre pour voir si peut-être, il est possible d’y vivre malgré la toxicité de l’air.

Pour faire court : la réponse est oui, l’air est respirable pour celles et ceux qui s’appellent désormais le Peuple du Ciel. Une jeune femme, Clarke (Eliza Taylor), se distingue rapidement du groupe et devient en quelque sorte une figure d’autorité et de référence pour les 99 autres adolescent·e·s exilé·e·s avec elle. Évidemment, tou·te·s se rendent vite compte qu’ils/elles ne sont pas seul·e·s sur Terre et que le monde est dangereux, voire carrément mortel. Ainsi, le nombre de 100 délinquant·e·s diminue avec chaque épisode.

En toute honnêteté, le début de la saison 1 est plutôt ennuyant. Il faut accorder à la série environ trois épisodes avant qu’elle ne trouve ses marques, et il est difficile de blâmer les téléspectat·eurs·rices qui ne sont pas allé·e·s jusque-là. Ensuite, The 100 devient un peu une version pauvre de Hunger Games/Battle Royale. Mais vraiment une mauvaise version.

Attention aux spoilers !

♠ Pourquoi je ne regarde plus The 100

Le racisme latent. Autant rentrer directement dans le vif du sujet. Certes, la série peut prétendre à un casting divers. Beaucoup de ses personnages ne sont pas caucasiens/blancs. Et pourtant, The 100 reste tout de même raciste. John Murphy (Richard Harmon), l’un des délinquants, en est (dans la première saison) l’incarnation parfaite. John est une brute qui se croit supérieur à tout le monde et que tout le monde déteste sauf ses trois ou quatre potes aussi débiles que lui. Dans le premier épisode, Murphy s’en prend violemment à Wells, un personnage noir. Par la suite, alors qu’un autre jeune, afro-américain lui aussi, demande à boire, Murphy lui urine dessus. Vers la fin de la saison, Murphy tire sur la jeune latina Raven Reyes (Lindsey Morgan), lui infligeant ainsi des dommages permanents aux jambes, ce qui continuera de la faire souffrir pendant au moins toute une saison.

A la fin de l’épisode 3, coup de théâtre ! Wells est assassiné par une gamine dont les parents avaient été exécutés sur les ordres du Chancellier du vaisseau, qui se trouve être le père de Wells. Wells est le premier personnage majeur à mourir.

The 100 introduit rapidement Lincoln (Ricky Whittle), un guerrier faisant partie d’une des nombreuses tribus vivant sur Terre. Lincoln a la peau matte, et est présenté comme un vrai sauvage. Lorsque Lincoln est capturé par le Peuple du Ciel, il se retrouve torturé et électrocuté parce qu’il refuse de parler. Lincoln tombera amoureux d’une jeune délinquante, Octavia (Marie Avgeropoulos) et ils affronteront ensemble les épreuves que la vie leur balance, jusqu’à ce que… Lincoln se fasse exécuter dans la saison 3, alors qu’il tentait de préserver la paix entre le Peuple du Ciel et les différents clans des Grounders (celles et ceux qui habitent sur Terre avant que le Peuple du Ciel n’y revienne). L’exécution de Lincoln est brutale : il est menotté et agenouillé dans une flaque boueuse. La scène est filmé au ralenti, sous le regard impuissant d’Octavia, et il se prend une balle dans la tête.

Afin de ne pas m’éterniser là-dessus, j’ajouterai juste que la série, dans sa maladresse, fait l’apologie du colonialisme (le Peuple du Ciel est civilisé et pense que les Grounders sont des sauvages aux coutumes barbares) et même les personnages non-caucasiens en position de pouvoir sont souvent représentés comme idiots car manipulables (Bellamy), fous (Jaha) ou tyranniques (Pike).

• Bury Your Gays. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’anglais et les stéréotypes/clichés que l’ont retrouve beaucoup à la télé et au cinéma, « Bury Your Gays » signifie « enterrez vos gays ». Pour expliquer brièvement le stéréotype : le ou les personnages qui ne s’identifient pas comme hétéros sont souvent enclins à mourir.

The 100 n’échappe pas à ce cliché. Dans la saison 2, la série introduit le personnage de Lexa, une jeune femme d’environ vingt ans, qui règne sur toutes les tribus terriennes. Elle est, en gros, la chef des Grounders. On apprend que l’ancienne petite amie de Lexa a été enlevée, torturée, décapitée et que Lexa a reçu sa tête dans sa chambre. Joli portrait. Bref, il est établi très tôt que Lexa est une lesbienne. Clarke, l’héroïne, échange avec elle un baiser lors de la saison 2, démontrant ainsi sa bisexualité. Mais Lexa trahit Clarke pour sauver son peuple, et les deux se quittent en mauvais termes. Durant la saison 3, elles se retrouvent et Lexa finit par obtenir le pardon de Clarke après avoir travaillé d’arrache-pied pour maintenir la paix avec le Peuple du Ciel, allant même parfois à l’encontre de ce que ses conseillers veulent.

Lorsque vient le moment pour Clarke de retourner auprès de son clan, elle embrasse Lexa et les deux finissent dans le lit de Lexa pour la première fois.

Moins de deux minutes plus tard, dans la scène suivante qui voit Clarke de retour dans sa chambre pour préparer son départ, le conseiller de Lexa essaie d’abattre Clarke à l’aide d’un pistolet. Lexa, alertée par le bruit, ouvre la porte juste à temps pour recevoir une balle perdue destinée à Clarke. Lexa en meurt de longues minutes plus tard après avoir dit adieu à Clarke.

L’épisode a fait polémique aux Etats-Unis et a lancé le mouvement « LGBT fans deserve better » soit « les fans LGBT méritent mieux. » La fondation Trevor Project qui vient en aide aux jeunes de la communauté LGBT a reçu plus de 168,000 dollars suite à la campagne d’information et l’incitation aux dons lancées par les fans de Lexa et du couple Lexa/Clarke. L’audience de la série a chuté après l’épisode de la mort de Lexa. Partout sur le web, des témoignages de fans choqués, attristés et dégoûtés de la série, qui avait bien exploité la relation « Clexa » pour promouvoir sa troisième saison.

La mort de Lexa n’est pas sans rappeler celle de Tara dans Buffy, il y a plus d’une décennie. Juste après s’être retrouvée avec Willow, Tara aussi avait été tuée d’une balle perdue destinée à un autre personnage.

L’indignation provoquée par la mort de Lexa, suivie deux épisodes plus tard par l’exécution de Lincoln, a poussé de nombreu·ses·x fans à arrêter la série.

En bref, The 100 se prend pour Game of Thrones où tout le monde peut mourir n’importe quand et n’importe comment, mais ignore totalement les implications sociales, culturelles et politiques des personnages qu’elle sacrifie dans le but de choquer ses téléspectat·eurs·rices.

 

L’article pourra être mis à jour si d’autres pensées me viennent.

The 100 est diffusée sur la CW.

Note de recommendation : 3/10.

 

 

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