Once Upon a Time, c’est la série sur les personnages de contes de fées que l’on connaît tous mais qui vivent dans notre monde. Protégé·e·s de l’extérieur par le Sort Noir de la Méchante Reine qui les a transporté·e·s dans le Maine, aucun·e d’entre eux/elles ne se souvient de sa véritable identité et personne ne questionne pourquoi ils/elles ne peuvent jamais quitter leur ville, Storybrooke.

La série est assez complexe puisqu’elle a recourt aux flashbacks dans la plupart des épisodes. Pas facile donc d’expliquer qui est qui puisque les personnages ont tou·te·s une double identité.

La saison 1 est, dans son ensemble, assez solide. Les liens entre les personnages sont rapidement établis et l’arc narratif de la saison est clair: Emma Swan, la « Sauveuse » (Jennifer Morrison, Dr. House) est amenée à Storybrooke par son fils Henry, qu’elle avait fait adopter après sa naissance. Henry Mills (Jared Gilmore), adopté par Regina Mills (Lana Parrilla, Swington) retrouve sa mère biologique qui flippe complètement. Normal. Bref, elle se dépêche de le ramener chez lui et rencontre Regina. Mais Henry est persuadé que la femme qui l’a élevé est la Méchante Reine du conte de Blanche-Neige.

La première saison voit Emma accepter son nouveau rôle dans la vie de son fils et dans Storybrooke. A la fin de la saison, Emma découvre qu’Henry disait la vérité, et la malédiction de Regina est brisée. Les personnages retrouvent leurs souvenirs de leur vie passée dans un autre monde, la Forêt Enchantée.

J’ai regardé entièrement les trois premières saisons de Once Upon a Time, même si la qualité n’était que moyenne. Puis j’ai décidé d’arrêter. J’ai laissé tomber l’espoir que les créateurs de la série savaient ce qu’ils faisaient et que les scénaristes pouvaient sauver la série de la pente glissante sur laquelle elle s’était engagée.

Parce que Once Upon a Time, après sa troisième saison, c’est devenu du grand n’importe quoi.

Attention, ça va être long.

Oh, et spoilers !

♠ Pourquoi je ne regarde plus Once Upon a Time

→ Tout ce qui suit ne concerne pas ou peu la saison 1 qui était plutôt bonne ←

La chronologie. OUAT a fait le mauvais choix d’étaler six ans de série (temps réel, de 2011 à 2017) sur deux ans dans la série depuis qu’Emma est arrivée à Storybrooke. Nous sommes censés croire qu’Henry a douze/treize ans alors que l’acteur a bien évidemment grandi et en a maintenant presque 17. Et un garçon, ado, ça change très vite physiquement. Puis après il y a la confusion concernant le passé des personnages. Certains vivent depuis plus de cent ans, comme Rumplestiltskin (Robert Carlyle, Trainspotting) et le Capitaine Crochet (Colin O’Donoghue) mais les dates ne sont pas clairement définies et la série se mélange plusieurs fois les pinceaux, au point qu’elle finit, dans les saisons récentes, par ne même plus donner d’indication temporelle, se contentant d’un simple « il y a longtemps » ou équivalent.

Le manque d’originalité. Probablement le plus gros problème qu’une série puisse avoir. Sur plusieurs points, OUAT est un plagiat de Buffy, et un très mauvais en plus. Le pitch de la série est pourtant assez innovateur : des persos de contes de fées piégé·e·s dans notre monde ? Plutôt sympa comme idée !

Sauf que voilà : OUAT ne fait que recycler, encore et toujours. Les idées que d’autres ont eu avant eux, et même ses propres idées. Ce qui fait qu’on a l’impression de regarder toujours la même chose, et ça en devient vite lassant.

Trop d’action. Ce qui rend la première saison différente des autres c’est qu’elle se focalisait plus sur les personnages et leur psyché que sur l’action. On en apprenait un peu plus sur les protagonistes et antagonistes chaque épisode, on appréciait leurs conversations, et on aimait même les moments domestiques que la série nous montrait.

A partir de la saison 2, mais surtout après la saison 3, les personnages ne font que combattre la nouvelle menace avec très peu de développement niveau personnalité. Les saisons sont bourrées de dialogues qui n’apportent rien de nouveau, et ne présentent aucun intérêt.

Des romances toxiques. Malheureusement, une série sur les contes de fées est sans doute regardée en partie par un public jeune. De ce fait, j’estime que les réalisateurs et scénaristes ont une responsabilité envers leur public, notamment lorsqu’il s’agit de montrer des relations romantiques à l’écran. Et OUAT est juste incroyablement nulle dans ce domaine.

OUAT, consciemment ou non, va même jusqu’à promouvoir des messages dangereux avec le personnage du Capitaine Crochet, qui impose sa présence à Emma alors qu’elle le repousse sans arrêt durant la saison 3, exprimant clairement qu’elle n’est pas intéressée. Mais que se passe-t-il à la fin de la saison ? Emma finit par céder et embrasser le pirate. Donc, tout ce temps passé à le repousser était en fait « je te dis non, mais ce que je veux vraiment dire, c’est oui. » Le « non mais en fait oui » contribue à la normalisation du harcèlement que subissent beaucoup de gens dans la vie lorsqu’un prétendant éconduit persiste encore et encore dans l’espoir de faire changer d’avis sa victime.

Le Capitaine Crochet, un homme représenté comme étant violent, alcoolique et égoïste, est soudain censé être vu comme l’homme idéal puisqu’il veut aider Emma, il veut être dans sa vie et il est prêt à tout pour ça. Peu importe qu’il se fiche complètement de la famille et des amis d’Emma ! Seule elle compte et il fera n’importe quoi pour « l’avoir ». Et le pire, c’est qu’il finit par l’obtenir. Comme si elle n’était qu’une récompense pour l’aide apportée. Rien que l’idée est repoussante.

L’autre romance toxique concerne Regina et Robin des Bois. Robin est veuf mais il ignore que sa femme, Marianne, a été emprisonnée et tuée par Regina lorsqu’elle était la Méchante Reine dans la Forêt Enchantée. Il ignore tout de la Méchante Reine, qu’il n’a jamais rencontrée et ne connaît qu’à travers des récits. Dès le départ, Robin prétend connaître Regina mais comment pourrait-il puisqu’il n’a rencontré que la femme qui est sur le chemin de la rédemption ?

Enfin bref, fin de la saison 3 et un retour dans le passé plus tard, Marianne est ramenée vivante à Storybrooke et retrouve Robin et leur fils. Sauf que voilà, Robin est maintenant amoureux de Regina ! Marianne est rapidement transformée en glaçon par Ingrid, la Reine des Neiges, et au lieu de trouver un moyen de sauver sa femme, Robin préfère suivre Regina après qu’elle lui ait demandé de l’espace et, fortement alcoolisé, décide qu’il ne peut pas vivre sans elle et ils couchent ensemble. Alors que Marianne est gelée et attend que son mari trouve une solution pour qu’elle ne meure pas.

Ce n’est malheureusement qu’un seul élément de cette relation vraiment affreuse : on a aussi droit à Regina se lamentant de n’avoir pas tenté sa chance plus tôt avec Robin, même si techniquement cela voudrait dire qu’elle n’aurait jamais connu Henry, son fils ; puis plus tard Robin doit quitter Regina pour sauver Marianne et quand Regina le rejoint à New-York pour le prévenir que Marianne est en fait Zelena (la demi-soeur de Regina) on apprend que Robin et fausse!Marianne ont déjà couché ensemble (n’était-il pas censé aimer Regina ?) et qu’elle est… enceinte ! La demi-soeur de Regina est enceinte de son ex. Magique, tout ça.

Bref, pour des relations romantiques supposées vendre du rêve aux téléspectat·eurs·rices, elles donnent plutôt envie de ne jamais trouver l’amour. Le souci, c’est que beaucoup de gens perçoivent ces relations comme des romances idéales et OUAT essaie de les vendre en tant que telles.

Le manque de diversité. Un personnage qui n’a pas la peau blanche dans OUAT ne fera pas long feu. Ainsi, on nous propose des nouveaux personnages seulement pour les faire disparaître ou les tuer quelques épisodes plus tard. Tous les personnages principaux sont blancs, à l’exception de Regina, mais la série n’utilise jamais son héritage latino (celui de l’actrice, Lana Parrilla.) Il faut attendre la saison six pour Aladdin et Jasmine !

De même, n’imaginez pas trouver des personnes autres qu’hétérosexuels dans OUAT. Une conformité et uniformité bien décevante et ennuyante.

En bref, OUAT enchaîne les faux pas et les maladresses et n’a visiblement aucune envie de rectifier le tir. Dommage, car le potentiel pour une telle série était énorme.

 

L’article pourra être mis à jour si d’autres pensées me viennent.

Once Upon a Time est diffusée sur ABC, et c’est honnêtement pas grave si vous ne regardez jamais cette série.

Note de recommendation : 1/10 pour la première saison.

Publicités